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 Kiri Gakure :: Part 1 :: Comme dans un rêve

Suna no Shinobi
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MessageSujet: Kiri Gakure :: Part 1 :: Comme dans un rêve   Dim 6 Mai - 3:27
Synopsis: "Namu est en route pour Kiri. En chemin, il se remémore l'entrainement qu'il a subit à 12 ans pour maîtriser son tout premier Jutsu."


C'était la première fois que Namu se rendait à Kiri, une des contrées les plus éloignées du monde Ninja, par rapport à son pays natal. A vrai dire il fut quelque peu déçu par le pays de l'eau: les sols étaient rongés par le sel, et bien peu de choses poussaient. Depuis le continent jusqu'au Pays des Vagues, tout se passa bien, car un gigantesque pont permettait la traversée. Au-delà, il lui fallut marcher sur l'océan lui-même, en prenant soin de toujours garder le bon cap. Croisant quelques Shinobi venus des quatre coins du monde, preuve de l'activité bourdonnante de ce pays, il poursuivit tranquillement sa route.

Il était bien évidement inutile de s'habiller en civil tout en marchant dans l'eau, aussi, l'aîné Kajiura portait ostentatoirement son Bandeau au Sablier à la ceinture. Son capuchon le protégeait des embruns, mais la sensation de picotement provoquée par la corrosion saline n'était pas des plus agréables. Namu n'était pas seul. Il y avait un autre membre du village caché des Sables à ses côtés. Ils ne parlaient pas, ce qui n'avait rien de surprenant, car Namu n'avait jamais appris à parler, lire, écrire... communiquer comme le commun des mortels. Il s'agissait de la seule personne en qui il avait confiance, à vrai dire.

Pourquoi se rendaient-ils à Kiri? Ils avaient été envoyés par les autorités représentant le Kazekage à Suna. Ils devraient y recevoir une mission de la part du chef des Armées Alliées, d'après les brèves explications. Pas besoin d'en savoir plus, il suffisait de se rendre sur place et de montrer patte blanche. De quoi s'agirait-il? Généralement, on faisait appel aux services de Namu pour tuer des cibles gênantes politiquement. Pas forcément des Shinobi, et encore moins les plus puissants. Namu possédait le savoir-faire d'un Juunin des forces spéciales, mais ses capacités de combat réelles le rendaient parfois vulnérable. Il lui fallait un binôme pour l'épauler, et la discrétion la plus absolue pour se protéger, domaine dans lequel il brillait fort heureusement. Sur le papier, on ne donnait pas cher de sa peau, mais la surprise et le déguisement sont aussi quelques atouts, parfois oubliés, des Ninja.

Namu ne réfléchissait pas trop à ce qui l'attendait. Assassinat, espionnage, protection... Tant que c'était une de ces trois choses-là, il s'en sortirait. Comme pour conforter cette pensée, il caressa délicatement une des plumes d'oies de l'éventail placé dans une boucle de son bandeau. Il lui suffisait de deux gestes simples pour tuer les plus coriaces des adversaires avant de s'éclipser discrètement, comme si de rien était. Il n'avait même pas besoin d'être physiquement en contact avec sa cible, grâce à un Jutsu qu'il avait lui-même créé, sous la férule de son Instructeur Hibito, lorsqu'il avait tout juste 12 ans. Il sourit.

*****

(A cette époque...)

Il venait de recevoir son Bandeau, et il n'ignorait pas que son sort diffèrerait de celui de ses camarades lors de l'attribution des équipes. Les uns après les autres, ils reçurent une affectation, réjouissant les uns, dévcvant les autres. Les contrastes étaient jouissifs, tant l'émotion affichée par les Aspirants était palpable. Quelques rares promus gardaient la tête froide, déjà prêts mentalement à la vie de Shinobi du Suna, une vie qui réclamait un grand professionnalisme. Mais au final, les équipes de trois furent formées, et les Jônin s'activèrent chacun de leur côté pour une première rencontre.

Il ne restait que Namu. Sourd et muet, il ne pouvait pas vraiment être affecté à une équipe, car la coopération ne souffrait aucun accro de communication. Suna ne possédait pas d'assez bons Jônin télépathes pour se permettre d'en mettre un au service personnel d'un jeune garçon, si prometteur soit-il, afin de l'encadrer auprès d'autres aspirants. A certains niveaux, on estimait que ses handicaps étaient vraiment trop lourds, qu'il ne servait pas à grand chose, car beaucoup trop fragile pour faire un bon Shinobi. Certains pointaient du doigt la tradition familiale des Kajiura, qui mutilait les enfants aînés pour en faire... quelque chose de parfaitement inutile au village?

Oui mais voilà, ce rituel leur permettait de se couper du monde et de ne plus compter sur les sons. Ils se servaient bien mieux de leur nez, grâce à un entrainement spécialisé à l'utilisation des plantes. Les marionnettistes fidèles au village se faisaient rares, eux qui avaient fait sa gloire par le passé. Chiyô prenait de l'âge, et ne se mêlait plus des affaires courantes. Son petit-fils s'était fait la malle pour devenir déserteur. Quant à Kankurô, le premier fils du Kazekage, il semblait montrer un certain intérêt pour la mécanique, mais il était encore bien jeune. Ainsi, les Kajiura restaient une des rares familles de Suna à se transmettre les connaissances botaniques nécessaires à l'élaboration de poisons et d'antidotes. C'est pourquoi l'on nommait les aînés Kajiura "Ishi'Taru", ou "Fabuleux Médecin".

En ces temps difficiles, ils avaient encore un semblant d'utilité aux yeux des dirigeants, qui acceptèrent de renouveler leur confiance envers cette famille, à travers la sélection de Namu au sein de l'Elite du Village. En effet, il reçut un instructeur particulier, un Jônin des forces spéciales dénommé Hibito. La conversation entre eux deux fut équivalente à ce qu'on pourrait appeler le néant, mais Namu n'était pas stupide, et comprenait vivement ce qu'on attendait de lui. Les premiers entrainements furent difficiles, car même s'il était discret, il lui manquait de la finition dans le dernier geste. Plutôt que s'acharner à le rouer de coups pour qu'il se renforce musculairement, Hibito choisit de la jouer en finesse... Le bonhomme n'était pas bon en taïjutsu? Il faudrait compenser par le Ninjutsu...

Namu se vit présenter une feuille toute simple, en forme de carré. Il ne savait pas trop ce qu'on attendait de lui avec ça. Une petite démonstration d'Hibito lui indiqua qu'il devait le placer dans sa paume, et malaxer son chakra. Tout simplement. Le papier d'Hibito brûla. Celui de Namu fut tranché net. D'instinct, il sut que cela signifiait qu'il possédait l'affinité du vent, comme si une voix intérieure lui avait révélé. Mais pour aller plus loin, ça ne suffirait pas. Il regarda le Senseï dans les yeux, tentant d'exprimer son idée par le regard. Se saisissant d'une petite sacoche, il en sortit un récipient solide, dans lequel des feuilles séchées étaient enfermées. Leur couleur brune automnale donnait l'impression qu'elles étaient fanées, mais c'était leur aspect naturel.

Lui-même ne savait pas les récolter: il la tenait de son père. Devant le regard interrogateur de son enseignant, il déboucha l'ustensile, et saisit une des feuilles. Il la plaça dans sa main, et entreprit de malaxer son Chakra, comme pour la feuille révélatrice d'affinités. Bien sûr ça ne marcha pas, mais ce n'était pas son objectif: il tend la feuille à Hibito, en hochant de la tête, comme pour dire 'fais-le'. Il attendait de lui qu'il fasse brûler la feuille. Et le courant passa entre eux: Hibito comprit qu'il devait s'agir d'une de ces plantes que les Kajiura récoltaient et préparaient. Il fit l'association d'idée entre Namu qui malaxait son Chakra pour 'couper', et lui en faisant de même pour bruler. Il se concentra, et porta la feuille à incandescence. Le parfum était léger, mais il sentit son action en quelques secondes.

Les barrières de son esprit s'étaient entrouvertes, et il y avait quelque chose dans sa tête, qui cherchait à communiquer. Ce n'étaient pas des mots, pas des phrases. Plus des idées, des sentiments/sensations complexes lancées dans une logique qu'il ne maîtrisait pas. Il vit son élève s'assoir et décida d'en faire autant, car manifestement, il avait une idée derrière la tête. Devant le sourire de Namu, il comprit que les idées qui germaient dans son esprit venaient du sien... Ils fermèrent alors les yeux pour se concentrer sur la tâche essentielle à l'apprentissage de Namu: leur compréhension mutuelle.

*****

Quelques jours de méditation leur permirent d'apprendre à communiquer de cette façon, et très vite, pour Hibito, l'exercice devint aussi facile à maîtriser que s'il s'adressait normalement à quelqu'un, face à face. La Fragrance qui ouvrait l'esprit avait d'étonnantes vertus, dont il fallait assurément se méfier dans certaines circonstances, mais il fallait reconnaitre que dans le cadre d'un apprentissage, c'était le meilleur moyen de se faire comprendre. Pas de mots ou d'intention mal interprétés, la clarté-même. Pourtant, il y avait dans leurs conversations quelque chose qui gênait l'Instructeur... Une présence. Il devinait l'ombre d'une pensée extérieure, et n'en trouvait pas l'origine. Namu ne semblait pas s'en rendre compte, de son côté... L'enseignement du Ninjutsu Fuuton commença alors, sur le ton très formel de l'enseignant à l'élève...

* Kajiura, vous devez apprendre à vous servir de cette arme, le Vent, à votre avantage. De toutes les affinités, je dirais qu'elle est la plus violente. Tornades destructrices, rafales acérées... L'arsenal n'est pas très varié, mais souvent létal. Mais pour la discrétion... les Jutsu sont plus rares. Il y a un combattant des forces de Konoha qui possède la Technique de l'Hirondelle, permettant de renforcer ses armes tranchantes à l'aide de Chakra Fuuton... Cela améliore leur portée, et les rend beaucoup plus tranchantes. A Suna, nous avons Baki, le Jônin à l'Epée de Vent... Réputée imparable. *

Il inspira un peu plus de fragrance, pour clarifier la transmission de ces idées, très complexes, et réclamant une forte ouverture, ainsi qu'une forte concentration...

* Un jour il faudra que vous appreniez à maîtriser l'un ou l'autre ce ces Jutsu, pourquoi pas les deux. Mais pour l'heure, ils sont trop complexes pour vous. Votre métier sera l'assassinat... Vous y avez été préparé depuis la naissance: les plantes sont des armes mortelles entre les mains de votre père, ainsi que dans celles de son père. Combiner l'effet des plantes à votre affinité du Vent me semble très intéressant... Il va falloir créer votre propre Jutsu! Ce sera long et difficile, mais à terme, le résultat en vaudra la peine. *

Namu acquiesça en silence. D'un point de vue stratégique, ses options étaient restreintes en l'état actuel des choses. Il pouvait tenter de tuer à l'aide d'armes de poing, mais pour cela, il lui fallait s'approcher dangereusement de ses victimes. Il n'en avait pas encore le talent. Il lui fallait donc réfléchir au meilleur moyen de tuer à l'aide du poison, sans entrer en contact avec sa cible, et en étant en sécurité optimale, bien que relative. L'idéal serait d'envoyer les spores sur la personne... Mais comment être sûr que celle-ci serait atteinte? Et puis, les spores, c'était volatile... Et canaliser le vent du désert n'était pas chose aisée... L'éclair survint alors dans son esprit. La solution était là, 'canaliser le vent'. Être certain qu'il aille là où Namu souhaitait qu'il aille.

* Excellente idée, Kajiura, je n'en attendais pas moins de vous. Nous allons donc vous entrainer à maîtriser le Chakra du Vent, afin que vous puissiez faire appel à lui à volonté... Et nous vous entrainerons ensuite à en sculpter la forme et les propriétés, pour que vous réalisiez votre premier Jutsu... Ce sera long et difficile. Mais vous triompherez. *

*****

(Sur les remparts...)

Il va sans dire que Maître Hibito avait vu juste concernant la difficulté de l'apprentissage. Il fallait apprendre à trancher tout en concentrant son Chakra dans la paume: feuilles, branches, autres objets. Deux mois passèrent avant que Namu puisse vraiment faire appel au Vent sans que cela lui réclame une concentration intense... Résidait alors un paradoxe, car Namu allait apprendre à couper le vent lui-même. Quel était l'objectif? Créer une paroi capable d'arrêter le vent, de le détourner. C'était la partie la plus difficile, il fallait apprendre à faire en sorte que le Chakra du Vent matérialise ce mur, ce qui était complètement différent du tranchage des feuilles... Au départ, Namu n'arriva à rien... Il avait beau tendre les mains devant lui, la brise soufflait toujours. Mais c'est en faisant qu'on apprend, et vint un moment où il esquissa un geste de la paume, ce qui eut pour effet de créer une ligne infranchissable. Elle se brisa néanmoins quasi-immédiatement, et Namu se laissa tomber sur ses genoux.

Pas le temps de souffler bien longtemps, et il se mit en devoir d'étendre la taille de la ligne. En quelques semaines, il était capable de créer une bande. A la moitié de l'année, il fut enfin en mesure de créer un grand mur, moyennant d'intenses efforts. C'était déjà suffisant pour priver une petite pièce du moindre renouvellement de l'air; mais loin d'être suffisant. Néanmoins, la théorie et la pratique se mêlèrent bien plus aisément, à partir de ce moment. Tout en continuant à entrainer son corps à l'endurance - bien qu'il ne deviendrait jamais un grand gabarit, ni un combattant physique, il commença à donner des formes plus complexes à ses murs, avec des courbes, des arrondis. Mais il n'était pas encore capable de les 'fermer'. Le travail intense se poursuivit...

Deux mois plus tard, à l'approche du printemps, il était prêt. Courbes, virages, entonnoirs. La forme ne posait plus aucun problème. La concentration était toujours forte, mais c'était logique, étant donné la complexité du Jutsu. Le test était simple. Un clone de l'Instructeur se plaçait à un endroit précis, pas forcément visible pour Namu, et il fallait détourner le vent pour qu'il aille souffler sur son visage. Ce fut un succès. L'ultime test se fit avec un poison fulgurant, qui provoqua l'explosion du clone en quelques secondes... Le Jutsu était prêt. Hibito-Senseï lui appris quelques gestes simples à interpréter, pour que Namu sache à quel moment utiliser son Jutsu, et de quelle façon, mais aussi quelques déplacements stratégiques. A ce jour, ce sont les seuls moyens de communication que Namu a fait l'effort de retenir.

Un homme de grande taille, portant un turban et un voile blanc couvrant la moitié de son visage fit son apparition. Il était accompagné d'une jeune fille blonde qui transportait un grand éventail. Il salua l'adulte en s'inclinant, et hocha de la tête à l'intention de la jeune fille. Il ignorait qu'il s'agissait de la fille aînée du Kazekage, Sabaku no Temari, mais cela ne sembla pas avoir d'importance sur le moment.

Hibito adressa un signe de la paume à Namu, qui matérialisa quasi-instantanément un mur de Vent. Baki s'approcha alors et passa la main à travers. Il lança ensuite deux kunaïs, quelques Shuriken, qui traversèrent la barrière sans difficulté. Le mur n'était pas fait pour se protéger des attaques classiques. Ce fut au tour de Temari, qui déploya les Deux Soleils pour envoyer une attaque Fuuton impressionnante. Et cette fois, surprise, le mur ne broncha pas pour bloquer le Jutsu! Perplexe, Temari regarda Baki, qui s'avança à son tour et matérialisa quelque chose d'étonnant: une lame de vent tourbillonnante dans sa main... Il frappa le mur avec, et Namu ressentit une incroyable force s'amplifier jusque dans ses bras. Le mur venait d'être brisé. Il en créa un autre, pour être bien sûr qu'il ne s'agissait pas d'une fragilité basée sur le nombre de Jutsu encaissés. Temari envoya une dizaine d'attaques, sans effet. Et un seul coup de la lame de Baki suffisait à le briser...

En l'état actuel des choses, Namu n'était pas capable de faire mieux. Mais il fut convenu avec Hibiti-Senseï qu'il serait intéressant de renforcer les propriétés défensives du mur contre les attaques du vent à moyen terme. Quelques essais avec d'autres types de Jutsu démontrèrent que seul le Vent pouvait être contré, et seulement jusqu'à un certain niveau de Chakra... Mais il était très satisfait: c'était son premier Jutsu, après tout, et un Jutsu tout à fait personnel...

*****

(Retour vers le Présent...)

Depuis, l'eau avait coulé sous les ponts. Il était devenu un assassin infiltré redoutable, la hiérarchie était satisfaite. Il remplissait bien son rôle. Ce n'était pas la panacée, mais il se satisfaisait de cette vie. Il y avait une présence rassurante à ses côtés, quelque chose de précieux, et chaque fois qu'il croisait son regard, c'était comme un bouleversement total de ses fondations. Pas besoin de mots, pas besoin de promesses: ils se connaissaient par coeur. Pas besoin de partager quoique ce soit de charnel, leurs esprits se suffisaient à eux-mêmes... 'Au-delà'. Amour à l'état pur.

* Dis-moi, Yuki. Qu'est-ce qui nous attend là-bas? *

Là-bas, Kiri Gakure. Une mission réclamant le déplacement de deux Jônin de Suna... Il faudrait être à la hauteur.
 

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